Non-conformités des poissons du Rhône Un exemple d'appui à la gestion du risque PCB par l'Agence
Depuis fin 2007, l'Agence interprète régulièrement les niveaux de contamination des poissons d'eau douce en PCB, notamment dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB mis en place par les Ministères en charge de l'écologie, de l'agriculture et de la santé : 12 avis ont été publiés entre fin 2007 et mars 2010 pour divers sites et notamment les fleuves Rhône et Somme, les lacs d'Annecy, Léman et du Bourget, les rivières du Nord Pas de Calais, le Doubs, la Saône, la baie de Seine. A titre d'exemple, les interprétations réalisées pour le fleuve Rhône sont décrites ici.
Suite à la découverte de taux élevés de PCB dans deux brèmes péchées dans le département du Rhône (zone du canal de Jonage), l'Afssa avait été saisie en août 2005 afin d'évaluer le risque lié à la consommation de poissons provenant de cette zone. L'analyse des prélèvements effectués, suite à cette saisine, a révélé une contamination uniforme des poissons sur toute la longueur du canal, confortant les mesures prises par le Préfet du Rhône qui avait interdit la consommation et la commercialisation de ces poissons. Afin de mieux cerner la zone contaminée, des prélèvements de poissons et de sédiments en amont et en aval du canal ont été réalisés au printemps 2007, sur la base des recommandations de l'Agence. Les résultats de ces prélèvements ont révélé la contamination de certaines espèces de poissons au delà des seuils réglementaires en PCB, entraînant plusieurs arrêtés préfectoraux d'interdiction de consommation et/ou commercialisation.
Dans ce contexte, la direction générale de l'alimentation (DGAL) a saisi l'Afssa, le 9 août 2007 afin de : - déterminer les espèces pouvant être consommées d'après les limites réglementaires ; - préciser les plans de prélèvements complémentaires nécessaires aux espèces pour lesquelles les données actuelles ne permettent pas de déterminer avec certitude le niveau de contamination ; - indiquer si en l'état des connaissances actuelles, il est possible de suspecter une corrélation entre les contaminations en PCB des sédiments fluviaux et le niveau de contamination des poissons. La réponse à ces questions a donné lieu à trois avis, le premier daté du 3 décembre 2007, le second du 28 mars 2008 et le dernier du 6 avril 2009. Dans ce dernier avis, de nouvelles données recueillies depuis mars 2008 ont permis de consolider et d'étendre les conclusions émises dans les avis précédents. L'examen des données analytiques disponibles sur les poissons et les sédiments ainsi que l'analyse de la littérature soutiennent l'hypothèse que les sédiments constituent une source effective de contamination des poissons dans le Rhône, mais il est actuellement très difficile de corréler quantitativement la contamination des sédiments avec celle des poissons. Il est donc nécessaire de considérer la complexité des chaînes trophiques qui peuvent différer selon les sites et les espèces. Un programme de recherche du CEMAGREF est en cours à ce sujet. Pour chaque espèce considérée, l'Agence a cherché à estimer le niveau de contamination moyen selon le secteur de prélèvement considéré et a ainsi pu définir le positionnement de chaque espèce par rapport aux limites réglementaires. L'analyse des données disponibles montre que la nature de l'espèce, le poids et le secteur de prélèvement du poisson influent grandement sur la contamination constatée. Ainsi, les poissons vivant en profondeur (espèces benthiques) sont plus contaminées que les espèces vivant en pleine eau ou les espèces mixtes. Il apparaît également que les secteurs situés entre le barrage de Sault Brénaz et la confluence avec l'Isère, sont des sites pour lesquels le risque de dépasser les limites réglementaires est plus élevé que pour les autres secteurs. Finalement, une tendance globale de diminution de la contamination est observée de l'amont vers l'aval du Rhône. Considérant ces données et les recommandations émises dans l'appui scientifique et technique du 8 février 2008 (concernant la méthodologie de plan d'échantillonnage national des PCB dans les poissons de rivière), l'Agence a émis des recommandations spécifiques à chaque secteur analysé. Ces recommandations aident les gestionnaires à réglementer la consommation de poisson selon les espèces et les zones de pêche. L'Agence a notamment recommandé la non consommation des anguilles et des espèces bioaccumulatrices de PCB telles que la brème, le barbeau, la carpe, le silure du barrage de Sault-Brénaz en amont de Lyon jusqu'à la mer Méditerranée par le Grand Rhône. Pour le Petit Rhône, seule la non consommation d'anguilles est recommandée. D'autres recommandations plus ciblées sont émises pour les espèces faiblement bio-accumulatrices.
Au 1er juillet 2010 l'Afssa et l'Afsset ont fusionné pour créer l'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
Avril 2010
>Avis du 28 mars 2008 relatif à l'interprétation des résultats d'analyses du plan d'échantillonnage mis en place dans le cadre de la pollution en PCB des poissons du Rhône (PDF)
>Avis du 3 décembre 2007 relatif à l'interprétation des résultats d'analyses du plan d'échantillonnage mis en place dans le cadre de la pollution en PCB des poissons du Rhône (PDF)
>Appui scientifique et technique du 8 février 2008 relatif au risque phycotoxinique dans les coquillages autres que les mollusques bivalves vivants (gastéropodes, échinodermes et tuniciers) (PDF) Pour en savoir plus... Alimentation humaine Accueil,L'Anses,Actualités,Espace presse,Agenda,Nos thématiques,Alimentation humaine,Santé et alimentation animales,Santé et environnement,Santé au travail,Végétal,Avis et publications,Derniers avis et rapports,Avis et rapports Alimentation humaine,Avis et rapports Santé et alimentation animales,Avis et rapports Santé Environnement Travail,Avis relatifs au végétal,Avis et rapports disponibles en anglais,Bulletins et périodiques,Autres publications,S'abonner à la lettre d'information de l'Anses,Recherche et référence,Programme de recherche,Laboratoires et activités, + ,Recrutement,Marchés publics,Galaxie des sites,Partenaires,Extranet / ExpertNet,Espace junior,Mentions légales,Contact, , > Notre fiche "Recommandations pour la consommation de poissons d'eau douce"AnsesGo to alimentationGo to environnement travailGo to securite sanitaire securite alimentsSee securite sanitaire alimentsGo to alimentation animale expertise Influenza aviaireGo to FCO
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Non-conformités des poissons du Rhône Un exemple d'appui à la gestion du risque PCB par l'Agence
Depuis fin 2007, l'Agence interprète régulièrement les niveaux de contamination des poissons d'eau douce en PCB, notamment dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB mis en place par les Ministères en charge de l'écologie, de l'agriculture et de la santé : 12 avis ont été publiés entre fin 2007 et mars 2010 pour divers sites et notamment les fleuves Rhône et Somme, les lacs d'Annecy, Léman et du Bourget, les rivières du Nord Pas de Calais, le Doubs, la Saône, la baie de Seine. A titre d'exemple, les interprétations réalisées pour le fleuve Rhône sont décrites ici.
Suite à la découverte de taux élevés de PCB dans deux brèmes péchées dans le département du Rhône (zone du canal de Jonage), l'Afssa avait été saisie en août 2005 afin d'évaluer le risque lié à la consommation de poissons provenant de cette zone. L'analyse des prélèvements effectués, suite à cette saisine, a révélé une contamination uniforme des poissons sur toute la longueur du canal, confortant les mesures prises par le Préfet du Rhône qui avait interdit la consommation et la commercialisation de ces poissons. Afin de mieux cerner la zone contaminée, des prélèvements de poissons et de sédiments en amont et en aval du canal ont été réalisés au printemps 2007, sur la base des recommandations de l'Agence. Les résultats de ces prélèvements ont révélé la contamination de certaines espèces de poissons au delà des seuils réglementaires en PCB, entraînant plusieurs arrêtés préfectoraux d'interdiction de consommation et/ou commercialisation.
Dans ce contexte, la direction générale de l'alimentation (DGAL) a saisi l'Afssa, le 9 août 2007 afin de : - déterminer les espèces pouvant être consommées d'après les limites réglementaires ; - préciser les plans de prélèvements complémentaires nécessaires aux espèces pour lesquelles les données actuelles ne permettent pas de déterminer avec certitude le niveau de contamination ; - indiquer si en l'état des connaissances actuelles, il est possible de suspecter une corrélation entre les contaminations en PCB des sédiments fluviaux et le niveau de contamination des poissons. La réponse à ces questions a donné lieu à trois avis, le premier daté du 3 décembre 2007, le second du 28 mars 2008 et le dernier du 6 avril 2009. Dans ce dernier avis, de nouvelles données recueillies depuis mars 2008 ont permis de consolider et d'étendre les conclusions émises dans les avis précédents. L'examen des données analytiques disponibles sur les poissons et les sédiments ainsi que l'analyse de la littérature soutiennent l'hypothèse que les sédiments constituent une source effective de contamination des poissons dans le Rhône, mais il est actuellement très difficile de corréler quantitativement la contamination des sédiments avec celle des poissons. Il est donc nécessaire de considérer la complexité des chaînes trophiques qui peuvent différer selon les sites et les espèces. Un programme de recherche du CEMAGREF est en cours à ce sujet. Pour chaque espèce considérée, l'Agence a cherché à estimer le niveau de contamination moyen selon le secteur de prélèvement considéré et a ainsi pu définir le positionnement de chaque espèce par rapport aux limites réglementaires. L'analyse des données disponibles montre que la nature de l'espèce, le poids et le secteur de prélèvement du poisson influent grandement sur la contamination constatée. Ainsi, les poissons vivant en profondeur (espèces benthiques) sont plus contaminées que les espèces vivant en pleine eau ou les espèces mixtes. Il apparaît également que les secteurs situés entre le barrage de Sault Brénaz et la confluence avec l'Isère, sont des sites pour lesquels le risque de dépasser les limites réglementaires est plus élevé que pour les autres secteurs. Finalement, une tendance globale de diminution de la contamination est observée de l'amont vers l'aval du Rhône. Considérant ces données et les recommandations émises dans l'appui scientifique et technique du 8 février 2008 (concernant la méthodologie de plan d'échantillonnage national des PCB dans les poissons de rivière), l'Agence a émis des recommandations spécifiques à chaque secteur analysé. Ces recommandations aident les gestionnaires à réglementer la consommation de poisson selon les espèces et les zones de pêche. L'Agence a notamment recommandé la non consommation des anguilles et des espèces bioaccumulatrices de PCB telles que la brème, le barbeau, la carpe, le silure du barrage de Sault-Brénaz en amont de Lyon jusqu'à la mer Méditerranée par le Grand Rhône. Pour le Petit Rhône, seule la non consommation d'anguilles est recommandée. D'autres recommandations plus ciblées sont émises pour les espèces faiblement bio-accumulatrices.
Au 1er juillet 2010 l'Afssa et l'Afsset ont fusionné pour créer l'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.