Produites par des micro-algues consommées par les coquillages (huîtres, moules, palourdes …), les biotoxines marines provoquent des troubles divers chez le consommateur.
Afin de se nourrir, les coquillages (moules, palourdes, huîtres …) filtrent l'eau et ingèrent notamment les micro-algues du phytoplancton, dont certaines espèces synthétisent des toxines néfastes pour l'homme et certains animaux. Ainsi, lorsque les coquillages les consomment, ils se contaminent. Cette contamination reste inapparente aux yeux du producteur ou du consommateur étant donné que ces coquillages ne sont pas sensibles à ces toxines. Lorsque la contamination atteint un certain seuil, variable selon le type de toxines, la consommation de coquillages contaminés peut engendrer des troubles chez le consommateur.
Les phycotoxines ou biotoxines marines
On considère qu'environ 70 espèces de micro-algues sont capables de produire des phycotoxines. Chaque espèce produit une famille de toxines comportant un nombre variable d'analogues chimiques différents (par exemple, plus de 20 analogues pour les saxitoxines). Il existe plusieurs familles de toxines connues bien caractérisées et des toxines émergentes apparaissent également. Ce sont soit des toxines connues dans d'autres zones géographiques et qui apparaissent sur nos côtes, soit des toxines qui ne sont pas encore caractérisées. Ainsi, du point de vue chimique, un grand nombre de toxines différentes est susceptible d'être présent dans les coquillages.
Actuellement, les toxines sont classées en fonction de leur nature chimique et se répartissent en 9 familles: - le groupe de l'acide okadaïque et des dinophysistoxines - le groupe des saxitoxines - le groupe de l'acide domoïque - le groupe des pecténotoxines - le groupe des yessotoxines - le groupe des brévétoxines - le groupe des azaspiracides - le groupe des imines cycliques (dont les spirolides) - le groupe des palytoxines
Prévention et surveillance du risque lié aux biotoxines
La prolifération des espèces de micro-algues productrices de toxines ne pouvant être contrôlée, il est, de fait, impossible d'éviter que les coquillages ne se contaminent. Ainsi, afin de prévenir l'exposition des consommateurs à ces toxines, une surveillance constante est assurée dans les zones de production. Les types de toxines recherchées, les seuils de chaque type de toxine au dessus desquels les denrées sont considérées impropres à la consommation ainsi que les méthodes de détection à utiliser sont définies au niveau communautaire (1). L'actuelle méthode de référence pour mettre en évidence la présence de biotoxines lipophiles réglementées est le bio-essai sur souris. Des discussions sont en cours au niveau communautaire depuis plusieurs mois pour remplacer ce test par des analyses chimiques permettant la détection directe des 13 biotoxines marines lipophiles règlementées dans les coquillages.
La surveillance des biotoxines marines repose sur deux réseaux de laboratoires, coordonnés par le laboratoire national de référence pour les biotoxines marines dont le mandat est confié au Laboratoire d'études et de recherches sur la qualité des aliments et sur les procédés agroalimentaires. Le réseau des laboratoires côtiers de l'Ifremer est placé sous la direction de la Direction Générale de l'alimentation (DGAL). Il est chargé de faire des prélèvements d'eau et/ou de coquillages dans les zones de production au cours de l'année. Au cours des périodes à risque, ce réseau réalise des prélèvements hebdomadaires afin de suivre à la fois la présence d'espèces de phytoplancton producteur de toxines dans les eaux et la présence de toxines dans les coquillages.
En parallèle le réseau des Laboratoires départementaux d'analyses réalise des analyses sur les coquillages commercialisés et les produits importés, prélevés par les services départementaux vétérinaires. Il est placé sous la direction de la DGAL.
Le rôle de l'Agence
Depuis plusieurs années, le laboratoire de sécurité des aliments de l'Agence, désigné comme laboratoire national de référence (LNR) pour le contrôle des biotoxines marines, travaille en étroite relation avec le réseau européen de laboratoires de référence à la mise au point d'une méthode chimique pour l'analyse des toxines lipophiles en tant qu'alternative au bio-essai sur souris. Le travail réalisé par le LNR a permis une validation de la méthode à l'été 2009. Un exercice d'intercomparaison a été organisé, au cours du deuxième semestre 2009, entre le LNR et l'Ifremer afin de vérifier la comparabilité de leurs résultats. Grâce au soutien du ministère chargé de l'Alimentation, l'Agence s'est dotée des moyens matériels et humains nécessaires pour être en mesure de réaliser dès à présent par cette méthode chimique les analyses officielles des coquillages au stade de la mise sur le marché, dans le cadre de l'évolution prévue de la réglementation.
Dans la perspective du remplacement du bio-essai souris par des méthodes chimiques dans la réglementation européenne, l'Agence s'est dotée des moyens nécessaires pour assurer, dès janvier 2010, la détection, l'identification et la quantification de l'ensemble des toxines lipophiles réglementées dans les coquillages selon des méthodes rigoureuses et validées. Par ailleurs, elle participe activement à la mise en œuvre d'un dispositif de vigilance, proposée dans son avis du 4 décembre, qui permettra d'anticiper les conséquences de toxicités atypiques qui ne seraient pas objectivées par la surveillance réglementaire.
L'Agence coordonne le programme national de recherche Arcachon. Ce programme vise à identifier les causes des toxicités inexpliquées observées en 2005, 2006 et 2008 suite aux bioessais sur souris réalisés à partir des coquillages du bassin d'Arcachon. Ce programme permettra également de développer des outils visant à détecter et discriminer rapidement les types de toxines impliquées lors d'épisodes de toxicité et d'accroître notre niveau de connaissance et de compréhension des différents facteurs pouvant intervenir sur la qualité sanitaire des coquillages, et sur l'origine des périodes de toxicité atypique connues ces dernières années. Ce programme est une collaboration scientifique entre l'Agence (Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort et Laboratoire de Fougères), l'Ifremer (Arcachon et Nantes), les universités en lien avec les laboratoires, (Universités de Bordeaux et de Montpellier), le Museum national d'histoire naturelle, l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA) et le CNRS.
(1) règlements 853/2004, 2074/2005 et 1664/2006
Janvier 2010
Pour en savoir plus... Avis et/ou rapports relatifs à ce thème :
> Notre dossier "Anses et Coquillages" Alimentation humaine Accueil,L'Anses,Actualités,Espace presse,Agenda,Nos thématiques,Alimentation humaine,Santé et alimentation animales,Santé et environnement,Santé au travail,Végétal,Avis et publications,Derniers avis et rapports,Avis et rapports Alimentation humaine,Avis et rapports Santé et alimentation animales,Avis et rapports Santé Environnement Travail,Avis relatifs au végétal,Avis et rapports disponibles en anglais,Bulletins et périodiques,Autres publications,S'abonner à la lettre d'information de l'Anses,Recherche et référence,Programme de recherche,Laboratoires et activités, + ,Recrutement,Marchés publics,Galaxie des sites,Partenaires,Extranet / ExpertNet,Espace junior,Mentions légales,Contact, ,Anses alimentation environnement travailGo to securite sanitaire securite aliments securite sanitaire alimentsSee alimentation animale expertise Influenza aviaireView FCO
M
Biotoxines marines
Produites par des micro-algues consommées par les coquillages (huîtres, moules, palourdes …), les biotoxines marines provoquent des troubles divers chez le consommateur.
Afin de se nourrir, les coquillages (moules, palourdes, huîtres …) filtrent l'eau et ingèrent notamment les micro-algues du phytoplancton, dont certaines espèces synthétisent des toxines néfastes pour l'homme et certains animaux. Ainsi, lorsque les coquillages les consomment, ils se contaminent. Cette contamination reste inapparente aux yeux du producteur ou du consommateur étant donné que ces coquillages ne sont pas sensibles à ces toxines. Lorsque la contamination atteint un certain seuil, variable selon le type de toxines, la consommation de coquillages contaminés peut engendrer des troubles chez le consommateur.
Les phycotoxines ou biotoxines marines
On considère qu'environ 70 espèces de micro-algues sont capables de produire des phycotoxines. Chaque espèce produit une famille de toxines comportant un nombre variable d'analogues chimiques différents (par exemple, plus de 20 analogues pour les saxitoxines). Il existe plusieurs familles de toxines connues bien caractérisées et des toxines émergentes apparaissent également. Ce sont soit des toxines connues dans d'autres zones géographiques et qui apparaissent sur nos côtes, soit des toxines qui ne sont pas encore caractérisées. Ainsi, du point de vue chimique, un grand nombre de toxines différentes est susceptible d'être présent dans les coquillages.
Actuellement, les toxines sont classées en fonction de leur nature chimique et se répartissent en 9 familles: - le groupe de l'acide okadaïque et des dinophysistoxines - le groupe des saxitoxines - le groupe de l'acide domoïque - le groupe des pecténotoxines - le groupe des yessotoxines - le groupe des brévétoxines - le groupe des azaspiracides - le groupe des imines cycliques (dont les spirolides) - le groupe des palytoxines
Prévention et surveillance du risque lié aux biotoxines
La prolifération des espèces de micro-algues productrices de toxines ne pouvant être contrôlée, il est, de fait, impossible d'éviter que les coquillages ne se contaminent. Ainsi, afin de prévenir l'exposition des consommateurs à ces toxines, une surveillance constante est assurée dans les zones de production. Les types de toxines recherchées, les seuils de chaque type de toxine au dessus desquels les denrées sont considérées impropres à la consommation ainsi que les méthodes de détection à utiliser sont définies au niveau communautaire (1). L'actuelle méthode de référence pour mettre en évidence la présence de biotoxines lipophiles réglementées est le bio-essai sur souris. Des discussions sont en cours au niveau communautaire depuis plusieurs mois pour remplacer ce test par des analyses chimiques permettant la détection directe des 13 biotoxines marines lipophiles règlementées dans les coquillages.
La surveillance des biotoxines marines repose sur deux réseaux de laboratoires, coordonnés par le laboratoire national de référence pour les biotoxines marines dont le mandat est confié au Laboratoire d'études et de recherches sur la qualité des aliments et sur les procédés agroalimentaires. Le réseau des laboratoires côtiers de l'Ifremer est placé sous la direction de la Direction Générale de l'alimentation (DGAL). Il est chargé de faire des prélèvements d'eau et/ou de coquillages dans les zones de production au cours de l'année. Au cours des périodes à risque, ce réseau réalise des prélèvements hebdomadaires afin de suivre à la fois la présence d'espèces de phytoplancton producteur de toxines dans les eaux et la présence de toxines dans les coquillages.
En parallèle le réseau des Laboratoires départementaux d'analyses réalise des analyses sur les coquillages commercialisés et les produits importés, prélevés par les services départementaux vétérinaires. Il est placé sous la direction de la DGAL.
Le rôle de l'Agence
Depuis plusieurs années, le laboratoire de sécurité des aliments de l'Agence, désigné comme laboratoire national de référence (LNR) pour le contrôle des biotoxines marines, travaille en étroite relation avec le réseau européen de laboratoires de référence à la mise au point d'une méthode chimique pour l'analyse des toxines lipophiles en tant qu'alternative au bio-essai sur souris. Le travail réalisé par le LNR a permis une validation de la méthode à l'été 2009. Un exercice d'intercomparaison a été organisé, au cours du deuxième semestre 2009, entre le LNR et l'Ifremer afin de vérifier la comparabilité de leurs résultats. Grâce au soutien du ministère chargé de l'Alimentation, l'Agence s'est dotée des moyens matériels et humains nécessaires pour être en mesure de réaliser dès à présent par cette méthode chimique les analyses officielles des coquillages au stade de la mise sur le marché, dans le cadre de l'évolution prévue de la réglementation.
Dans la perspective du remplacement du bio-essai souris par des méthodes chimiques dans la réglementation européenne, l'Agence s'est dotée des moyens nécessaires pour assurer, dès janvier 2010, la détection, l'identification et la quantification de l'ensemble des toxines lipophiles réglementées dans les coquillages selon des méthodes rigoureuses et validées. Par ailleurs, elle participe activement à la mise en œuvre d'un dispositif de vigilance, proposée dans son avis du 4 décembre, qui permettra d'anticiper les conséquences de toxicités atypiques qui ne seraient pas objectivées par la surveillance réglementaire.
L'Agence coordonne le programme national de recherche Arcachon. Ce programme vise à identifier les causes des toxicités inexpliquées observées en 2005, 2006 et 2008 suite aux bioessais sur souris réalisés à partir des coquillages du bassin d'Arcachon. Ce programme permettra également de développer des outils visant à détecter et discriminer rapidement les types de toxines impliquées lors d'épisodes de toxicité et d'accroître notre niveau de connaissance et de compréhension des différents facteurs pouvant intervenir sur la qualité sanitaire des coquillages, et sur l'origine des périodes de toxicité atypique connues ces dernières années. Ce programme est une collaboration scientifique entre l'Agence (Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort et Laboratoire de Fougères), l'Ifremer (Arcachon et Nantes), les universités en lien avec les laboratoires, (Universités de Bordeaux et de Montpellier), le Museum national d'histoire naturelle, l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA) et le CNRS.