M
Les apports conseillés en énergie
Les besoins énergétiques d'un individu sont définis comme étant "la quantité d'énergie nécessaire pour compenser les dépenses et assurer une taille et une composition corporelle compatibles avec le maintien à long terme d'une bonne santé et d'une activité physique adaptée au contexte économique et social" (OMS, 1996).
La dépense énergétique peut être estimée sur 24 heures pour chaque individu
Elle est principalement composée des dépenses liées
· au métabolisme de base (énergie utilisée au repos pour le fonctionnement des organes comme le tube digestif, le rein, le cerveau, le cœur) ; c'est la composante principale (60-70%) de la dépense énergétique
· à l'activité physique (énergie utilisée au cours des déplacements, d'activités ménagères, professionnelles, sportives) ; c'est le second poste de dépenses énergétiques
· à la thermogenèse alimentaire (énergie utilisée pour assurer la digestion, l'absorption intestinale, le stockage des aliments) ; cette composante ne représente que 10% de la dépense énergétique totale
Les apports conseillés en énergie sont calculés à partir de ces dépenses énergétiques de base, auxquelles s'ajoutent les dépenses énergétiques liées à des situations physiologiques particulières : stockage de protéines et de lipides au cours de la période de croissance, développement du fœtus et du placenta au cours de la grossesse ou production de lait au cours de l'allaitement. L'apport en énergie est le seul apport qui corresponde exactement à la valeur du besoin défini pour des groupes d'individus (les apports conseillés correspondent en général à 130% du besoin moyen). Chez l'adulte âgé de 20 à 40 ans et dans le cadre des activités habituelles, pour la majorité de la population, les apports journaliers conseillés en énergie sont de 2200 kcal pour les femmes et de 2700 kcal pour les hommes.
Il est également possible, par une évaluation des différents postes de dépenses, d'estimer approximativement les besoins énergétiques individuels. Cette évaluation tient compte des caractéristiques anthropométriques (poids, taille) et de l'activité physique de chaque individu.
La contribution des macronutriments à l'apport énergétique total devrait être
· 11-15% pour les protéines : 1 gramme de protéines fournit 4 kcalories (kcal)
· 50-55% pour les glucides : 1 gramme de glucides fournit 4 kcal
· 30-35% pour les lipides : 1 gramme de lipides fournit 9 kcal
L'équilibre entre les dépenses et les apports énergétiques permet d'assurer une stabilité du poids corporel, ce qui est indispensable pour le maintien d'un bon état de santé. Lorsque l'apport énergétique est inférieure à la dépense énergétique, il y a perte de poids (réduction des masses grasse et musculaire). A l'inverse, lorsque l'apport énergétique est supérieur à la dépense énergétique, le surplus est mis en réserve sous forme de graisses, et il y a alors prise de poids. Nous ne sommes pas tous égaux face à la prise de poids. En effet, nos modes d'alimentation (choix des aliments, qualité des préparations culinaires, rythmes de consommation) et notre hygiène de vie (sédentarité) sont fortement impliqués dans les variations de poids, mais les facteurs génétiques peuvent expliquer jusqu'à 40% des différences entre individus. Ainsi, la notion de "poids idéal" devient complètement obsolète ; chaque individu a une définition personnelle et subjective de son poids, définition largement influencée par le culte obsessionnel de la minceur. Aujourd'hui, on utilise l'indice de masse corporelle (IMC) qui permet de prendre en compte la corpulence dans la détermination du poids souhaitable.
Si le régime hypocalorique est la clé de toute perte de poids, quelques règles de diététique et d'hygiène de vie doivent être respectées : maintien d'une alimentation diversifiée et équilibrée, personnalisation du niveau calorique, suivi à long terme, pratique d'une activité physique quotidienne qui ne se réduit pas à la pratique sportive.
La restriction alimentaire conduit à des déficiences en micronutriments. De plus, il faut avoir à l'esprit que plus vite les kilos sont perdus, plus vite ils se réinstalleront dès le retour à une alimentation usuelle. Enfin, mieux vaut assumer un surpoids que de soumettre l'organisme à de fortes variations de poids de manière répétitive.

Pour en savoir plus...
Alimentation humaine