Évaluation du risque alimentaire associé au chlordécone et autres résidus de pesticides pour la population antillaise
Le chlordécone a été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et la Guadeloupe pour lutter contre les charançons. Très persistant et bioaccumulable, ce pesticide est interdit depuis 1993. Les sols identifiés comme pollués étaient à l'origine des terres de culture bananière, qui ont été rendues à la culture vivrière. Du fait de sa persistance, le chlordécone est encore présent dans les sols et peut se retrouver dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que les eaux de certains captages.
L'Agence est engagée depuis sa création dans l'évaluation du risque alimentaire lié au chlordécone pour la population antillaise. Elle a ainsi défini des valeurs toxicologiques de référence pour l'homme et estimé l'exposition alimentaire de la population antillaise après la réalisation d'enquêtes et d'études sur les habitudes locales de consommation ainsi que sur les niveaux de contamination des aliments. Sur la base de l'ensemble de ces études et des données scientifiques disponibles, l'Agence a élaboré des seuils maximaux tolérables de contamination pour les denrées les plus contributrices à l'exposition de l'homme et formulé des préconisations d'autoconsommation. Ces propositions permettent de réduire l'exposition alimentaire de la population antillaise au chlordécone. Afin de compléter son évaluation, l'Agence a réalisé une enquête de terrain sur la consommation alimentaire des nourrissons et jeunes enfants en Guadeloupe, dans le cadre de l'étude de cohorte « TIMOUN » piloté par l'Inserm. Les résultats ne révèlent pas de surexposition alimentaire au chlordécone par rapport aux autres classes d'âge.
En tant que Laboratoire National de Référence pour les pesticides organochlorés, elle a mis au point des méthodes d'analyse du chlordécone dans les denrées animales et végétales. Elle maintient la performance du réseau des laboratoires officiels impliqués dans l'analyse du chlordécone dans les denrées d'origine animale, à travers notamment l'organisation d'essais inter-laboratoires. Elle soutient le laboratoire de la Martinique dans l'acquisition des compétences pour le dosage du chlordécone.
L'Agence mesure également l'exposition alimentaire de la population antillaise aux résidus de pesticides autres que le chlordécone. Dans le cadre de l'étude Sapotille (2008 - 2010), une soixantaine de pesticides sont actuellement recherchés dans des échantillons alimentaires prélevés aux Antilles. Les résultats permettront de caractériser pour la première fois à l'échelle des Antilles le risque associé à l'exposition alimentaire aux résidus de pesticides.
Septembre 2011 Avis et/ou rapports relatifs à ce thème : Pour en savoir plus...
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Évaluation du risque alimentaire associé au chlordécone et autres résidus de pesticides pour la population antillaise
Le chlordécone a été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et la Guadeloupe pour lutter contre les charançons. Très persistant et bioaccumulable, ce pesticide est interdit depuis 1993. Les sols identifiés comme pollués étaient à l'origine des terres de culture bananière, qui ont été rendues à la culture vivrière. Du fait de sa persistance, le chlordécone est encore présent dans les sols et peut se retrouver dans certaines denrées végétales ou animales, ainsi que les eaux de certains captages.
L'Agence est engagée depuis sa création dans l'évaluation du risque alimentaire lié au chlordécone pour la population antillaise. Elle a ainsi défini des valeurs toxicologiques de référence pour l'homme et estimé l'exposition alimentaire de la population antillaise après la réalisation d'enquêtes et d'études sur les habitudes locales de consommation ainsi que sur les niveaux de contamination des aliments. Sur la base de l'ensemble de ces études et des données scientifiques disponibles, l'Agence a élaboré des seuils maximaux tolérables de contamination pour les denrées les plus contributrices à l'exposition de l'homme et formulé des préconisations d'autoconsommation. Ces propositions permettent de réduire l'exposition alimentaire de la population antillaise au chlordécone. Afin de compléter son évaluation, l'Agence a réalisé une enquête de terrain sur la consommation alimentaire des nourrissons et jeunes enfants en Guadeloupe, dans le cadre de l'étude de cohorte « TIMOUN » piloté par l'Inserm. Les résultats ne révèlent pas de surexposition alimentaire au chlordécone par rapport aux autres classes d'âge.
En tant que Laboratoire National de Référence pour les pesticides organochlorés, elle a mis au point des méthodes d'analyse du chlordécone dans les denrées animales et végétales. Elle maintient la performance du réseau des laboratoires officiels impliqués dans l'analyse du chlordécone dans les denrées d'origine animale, à travers notamment l'organisation d'essais inter-laboratoires. Elle soutient le laboratoire de la Martinique dans l'acquisition des compétences pour le dosage du chlordécone.
L'Agence mesure également l'exposition alimentaire de la population antillaise aux résidus de pesticides autres que le chlordécone. Dans le cadre de l'étude Sapotille (2008 - 2010), une soixantaine de pesticides sont actuellement recherchés dans des échantillons alimentaires prélevés aux Antilles. Les résultats permettront de caractériser pour la première fois à l'échelle des Antilles le risque associé à l'exposition alimentaire aux résidus de pesticides.