Que fait l'Afssa vis à vis des PCB ?



L'Afssa travaille depuis 2003 sur la question des PCB. Les activités menées par l'Agence sur ce dossier s'inscrivent à plusieurs niveaux.

Evaluation de l'exposition de la population et évaluation du risque

L'Agence apporte des données d'exposition de la population française aux PCB.
En population générale, les apports en PCB proviennent principalement des poissons et produits de la mer. Dès 2003, l'Afssa a donc mis en place, avec l'INRA, l'étude CALIPSO sur les apports en PCB et autres contaminants chez les forts consommateurs de poissons et produits de la mer. En outre, l'Afssa a été la première en France à réaliser un état des lieux détaillé des apports alimentaires en PCB aussi bien pour les PCB-DL (en 2005) que pour les PCB-NDL (en 2007).
Ces études ont permis d'apporter des données françaises d'exposition nécessaires à la définition de la réglementation européenne sur les PCB-DL, entrée en vigueur en 2006.

L'Agence participe également à la définition des normes pour les PCB-NDL au niveau européen. D'ores et déjà, l'Agence a proposé des valeurs seuils en PCB-NDL correspondant au seuil réglementaire en PCB-DL comme outil d'appréciation du risque de la contamination en PCB des poissons d'eau douce et de mer (avis du 27 novembre 2009).

Appui à la gestion du risque PCB dans les poissons d'eau douce

L'Afssa apporte également un appui scientifique et technique à l'Etat dans la gestion du risque lié aux PCB. Dans ce cadre, elle a proposé en février 2008 puis en mai 2009 une méthodologie de mise en œuvre de plans d'échantillonnage des poissons de rivière applicable au niveau national. Puis, à partir des données de ces plans, elle a proposé un appui scientifique et technique pour l'interprétation sanitaire des données (avis du 13 mai 2009).
Ainsi dans une première étape, sont identifiées les zones où la pêche doit être interdite (zones où toutes les espèces de poissons sont contaminées avec un dépassement des limites maximales réglementaire) ou au contraire celles où la pêche peut être autorisée car il n'y a pas de risque sanitaire (zones où aucune espèce de poissons ne dépasse les limites réglementaires).
Dans une seconde étape et dans les zones intermédiaires pour lesquelles une partie seulement des espèces de poissons est contaminée, des restrictions temporaires de consommation peuvent être mises en place pour permettre des analyses complémentaires et l'identification des espèces de poissons qui sont propres à la consommation.
Ces plans d'échantillonnage sont réalisés en étroite collaboration avec l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) qui assure les prélèvements, la préparation et l'analyse des échantillons de poissons.

Finalement, dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB mis en place par les Ministères de l'écologie, de l'agriculture et de la santé début 2008, l'Afssa a été chargée de réaliser une étude sur l'exposition et l'imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons de rivière adultes, principalement les pêcheurs et leurs conjoints. Cette étude, menée en collaboration avec l'Institut de veille sanitaire (InVS), vise à étudier l'imprégnation, c'est-à-dire les teneurs sanguines en PCB des consommateurs de poissons de rivière dans des secteurs où une pollution a été identifiée, et de les comparer à des populations témoin non exposées. Cette étude permettra (dans un délai de deux ans) une analyse détaillée des déterminants de ces imprégnations, car les poissons de rivière ne sont pas les seuls aliments contributeurs en PCB.

Quelles sont les recommandations de l'Afssa vis-à-vis des PCB ?

Au même titre que les autres aliments riches en graisses, le poisson est l'une des denrées contribuant le plus fortement à l'exposition de la population aux PCB. Etant donné l'intérêt nutritionnel de la consommation de poisson (1), l'Afssa préconise, comme d'autres agences sanitaires de consommer du poisson au moins deux fois par semaine en favorisant une consommation diversifiée des espèces de poisson, issues de différentes zones de pêche et en évitant, à titre de précaution, une consommation exclusive de poissons dits gras provenant des zones de pêche les plus contaminées par les PCB, en particulier pour les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de 3 ans.
L'Afssa recommande par ailleurs l'extension de la réglementation européenne, qui ne porte actuellement que sur les PCB de type dioxine, à l'ensemble des PCB.



(1) Le poisson est une source importante d'acides gras essentiels nécessaires au développement du système nerveux et à la mise en place des fonctions cognitives, de protéines, de vitamines et d'oligo-éléments (comme le sélénium) et d'acides gras présentant des propriétés anti-thrombotiques et anti-arythmiques, notamment les acides gras poly-insaturés oméga-3.



Avril 2010
>Appui scientifique et technique du 5 février 2008 relatif au plan d'échantillonnage national des PCB dans les poissons de rivière : proposition de méthodologie (PDF)
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