La consommation de morilles est sans danger à condition que ces champignons soient suffisamment cuits. En effet, lorsque la cuisson est insuffisante, leur ingestion en grande quantité peut provoquer des troubles digestifs. Ces dernières années des cas de troubles neurologiques réversibles ont également été rapportés suite à la consommation de morilles. Une analyse a été publiée par les centres antipoison et de toxicovigilance français en 2008, afin d'approfondir ces observations.
Le terme « morille » regroupe plusieurs espèces de champignons appartenant au genre Morchella. Ce sont des champignons comestibles au pied blanc et au chapeau conique brun clair, dont la récolte débute au printemps. D'autres espèces comestibles, les verpes et les morillons, sont morphologiquement proches des morilles avec lesquelles elles peuvent être confondues. Attention : les morilles ressemblent également aux gyromitres dont la consommation peut être à l'origine d'intoxications graves.
Une forme d'intoxication atypique
En 2006, le centre antipoison d'Angers a identifié, à deux occasions, une intoxication atypique par des morilles, caractérisée par l'apparition de signes neurologiques réversibles. De tels symptômes n'ayant jamais été observés en France, le comité de coordination et de toxicovigilance (CCTV) a initié un travail visant à identifier d'autres cas d'intoxication similaires afin de décrire de manière approfondie ce nouveau syndrome. Le CCTV est une structure responsable de l'animation du réseau de toxicovigilance français réunissant des représentants des différents centre anti-poison et centres de toxicovigilance, des agences sanitaires (Afssa, Afssaps, InVS, Afsset), de l'état (Direction générale de la Santé) et de la Mutualité sociale agricole. L'Afssa y participe via sa direction de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires.
Afin de mener à bien cette analyse, les bases de données des centres antipoison français ont été interrogées afin d'identifier les cas d'intoxication liés à la consommation de morilles survenus au cours de la période 1975-2007. Un peu plus de 200 dossiers, correspondant à environ 300 cas d'intoxication, ont été identifiés comme pouvant être liés à la consommation de morilles. Parmi ces dossiers, près de 40% faisaient état d'un syndrome neurologique avec ou sans troubles digestifs, les autres correspondant à des troubles digestifs seuls. Les troubles neurologiques observés apparaissent généralement entre 5 et 12 heures après consommation, ils correspondent à des tremblements, des vertiges et plus rarement à des troubles de l'équilibre. Des troubles oculaires peuvent également être observés. Ce syndrome disparaît spontanément en 12 heures environ. Dans la quasi-totalité des cas de troubles neurologiques recensés, la consommation de morilles fraîchement ramassées et insuffisamment cuites (dans près de la moitié des cas) a été citée. Par ailleurs, la consommation d'une grande quantité de champignons a fréquemment été évoquée.
Grâce à cette analyse, un nouveau danger lié à la consommation de morilles a pu être mis en évidence et des recommandations ont été formulées. Par ailleurs différents travaux à impulser ont pu être identifiés. Ainsi, une étude prospective complémentaire va être réalisée pour permettre de mieux préciser les conditions d'apparition de ce syndrome et pour tenter, dans un deuxième temps, d'isoler une substance active.
Recommandations
L'intoxication par des morilles est rare, cependant, il convient de respecter deux recommandations simples afin d'éviter tout risque d'intoxication - bien cuire ces champignons avant de les consommer (au moins 20 minutes de cuisson) et ne pas les consommer crus - les consommer en quantité raisonnable
D'une manière générale, il convient d'être très prudent dans la cueillette de champignons sauvages - ne ramassez pas un champignon si vous avez le moindre doute sur son état ou son identification - cueillez uniquement les champignons en bon état et prélever la totalité du champignon (pied + chapeau), afin de permettre son identification - en cas de doute, avant consommation, faites contrôler votre cueillette par un spécialiste (pharmaciens ou une association de mycologie de votre région) - séparez les champignons récoltés, par espèce, car un champignon vénéneux peut contaminer les autres - bien se laver les mains après la récolte - évitez les sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) car les champignons concentrent les polluants - conservez les champignons dans une caisse ou un carton mais pas dans un sac plastique qui accélère leur décomposition - consommez rapidement votre récolte ou conservez la, au maximum, 2 jours dans le bac à légumes du réfrigérateur
Mai 2008 Rapport du Comité de Coordination de Toxicovigilance "Existe-t-il un syndrome neurologique d'intoxication par les morilles ?" (pdf - janvier 2008) Pour en savoir plus... Alimentation humaine > Consommateurs Accueil,L'Anses,Actualités,Espace presse,Agenda,Nos thématiques,Alimentation humaine,Santé et alimentation animales,Santé et environnement,Santé au travail,Végétal,Avis et publications,Derniers avis et rapports,Avis et rapports Alimentation humaine,Avis et rapports Santé et alimentation animales,Avis et rapports Santé Environnement Travail,Avis relatifs au végétal,Avis et rapports disponibles en anglais,Bulletins et périodiques,Autres publications,S'abonner à la lettre d'information de l'Anses,Recherche et référence,Programme de recherche,Laboratoires et activités, + ,Recrutement,Marchés publics,Galaxie des sites,Partenaires,Extranet / ExpertNet,Espace junior,Mentions légales,Contact, ,See Anses alimentationGo to environnementView travailSee securite sanitaire securite aliments securite sanitaire alimentsInfos on alimentation animale expertise Influenza aviaire FCO
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Morilles Quelques précautions à ne pas oublier
La consommation de morilles est sans danger à condition que ces champignons soient suffisamment cuits. En effet, lorsque la cuisson est insuffisante, leur ingestion en grande quantité peut provoquer des troubles digestifs. Ces dernières années des cas de troubles neurologiques réversibles ont également été rapportés suite à la consommation de morilles. Une analyse a été publiée par les centres antipoison et de toxicovigilance français en 2008, afin d'approfondir ces observations.
Le terme « morille » regroupe plusieurs espèces de champignons appartenant au genre Morchella. Ce sont des champignons comestibles au pied blanc et au chapeau conique brun clair, dont la récolte débute au printemps. D'autres espèces comestibles, les verpes et les morillons, sont morphologiquement proches des morilles avec lesquelles elles peuvent être confondues. Attention : les morilles ressemblent également aux gyromitres dont la consommation peut être à l'origine d'intoxications graves.
Une forme d'intoxication atypique
En 2006, le centre antipoison d'Angers a identifié, à deux occasions, une intoxication atypique par des morilles, caractérisée par l'apparition de signes neurologiques réversibles. De tels symptômes n'ayant jamais été observés en France, le comité de coordination et de toxicovigilance (CCTV) a initié un travail visant à identifier d'autres cas d'intoxication similaires afin de décrire de manière approfondie ce nouveau syndrome. Le CCTV est une structure responsable de l'animation du réseau de toxicovigilance français réunissant des représentants des différents centre anti-poison et centres de toxicovigilance, des agences sanitaires (Afssa, Afssaps, InVS, Afsset), de l'état (Direction générale de la Santé) et de la Mutualité sociale agricole. L'Afssa y participe via sa direction de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires.
Afin de mener à bien cette analyse, les bases de données des centres antipoison français ont été interrogées afin d'identifier les cas d'intoxication liés à la consommation de morilles survenus au cours de la période 1975-2007. Un peu plus de 200 dossiers, correspondant à environ 300 cas d'intoxication, ont été identifiés comme pouvant être liés à la consommation de morilles. Parmi ces dossiers, près de 40% faisaient état d'un syndrome neurologique avec ou sans troubles digestifs, les autres correspondant à des troubles digestifs seuls. Les troubles neurologiques observés apparaissent généralement entre 5 et 12 heures après consommation, ils correspondent à des tremblements, des vertiges et plus rarement à des troubles de l'équilibre. Des troubles oculaires peuvent également être observés. Ce syndrome disparaît spontanément en 12 heures environ. Dans la quasi-totalité des cas de troubles neurologiques recensés, la consommation de morilles fraîchement ramassées et insuffisamment cuites (dans près de la moitié des cas)a été citée. Par ailleurs, la consommation d'une grande quantité de champignons a fréquemment été évoquée.
Grâce à cette analyse, un nouveau danger lié à la consommation de morilles a pu être mis en évidence et des recommandations ont été formulées. Par ailleurs différents travaux à impulser ont pu être identifiés. Ainsi, une étude prospective complémentaire va être réalisée pour permettre de mieux préciser les conditions d'apparition de ce syndrome et pour tenter, dans un deuxième temps, d'isoler une substance active.
Recommandations
L'intoxication par des morilles est rare, cependant, il convient de respecter deux recommandations simples afin d'éviter tout risque d'intoxication - bien cuire ces champignons avant de les consommer (au moins 20 minutes de cuisson) et ne pas les consommer crus - les consommer en quantité raisonnable
D'une manière générale, il convient d'être très prudent dans la cueillette de champignons sauvages - ne ramassez pas un champignon si vous avez le moindre doute sur son état ou son identification - cueillez uniquement les champignons en bon état et prélever la totalité du champignon (pied + chapeau), afin de permettre son identification - en cas de doute, avant consommation, faites contrôler votre cueillette par un spécialiste (pharmaciens ou une association de mycologie de votre région) - séparez les champignons récoltés, par espèce, car un champignon vénéneux peut contaminer les autres - bien se laver les mains après la récolte - évitez les sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) car les champignons concentrent les polluants - conservez les champignons dans une caisse ou un carton mais pas dans un sac plastique qui accélère leur décomposition - consommez rapidement votre récolte ou conservez la, au maximum, 2 jours dans le bac à légumes du réfrigérateur