L'Agence a mis en place, depuis 1999, un suivi annuel des ventes d'antibiotiques vétérinaires. Basé sur la ligne directrice de l'OIE "surveillance des quantités d'antibiotiques utilisés en élevage", ce suivi a été réalisé en collaboration avec le Syndicat de l'Industrie du Médicament Vétérinaire et réactif (SIMV) et le soutien du ministère de l'agriculture.
Pourquoi suivre les ventes d'antibiotiques ?
Les informations recueillies sont un des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l'antibiorésistance, mais aussi pour proposer des mesures de gestion de ce risque et pour suivre l'évolution des pratiques afin d'évaluer leur efficacité.
Comment est réalisé ce suivi?
Ce suivi des ventes d'antibiotiques est basé sur une déclaration annuelle des ventes d'antibiotiques par les laboratoires qui les commercialisent. Ces données peuvent être croisées avec d'autre sources d'informations (déclaration des chiffres d'affaire, enquêtes de prescription,…). Les informations recueillies auprès des laboratoires couvrent 100% des médicaments autorisés. L'utilisation hors AMM de spécialités humaines ou de préparations extemporanées dans le cadre des dispositions de la cascade (article L. 5143-4 du Code de la Santé Publique) n'est pas prise en compte. Cette année, pour la première fois, les laboratoires ont déclaré la répartition pour la majorité des médicaments par espèces de destination. Pour certaines espèces, il a été possible de confirmer ces déclarations par des enquêtes sur la prescription vétérinaire et l'utilisation en élevage.
Comment doit-on interpréter ces résultats ?
Les volumes de vente d'antibiotiques ne traduisent pas précisément leur utilisation. En effet, les antibiotiques récents sont plus actifs et nécessitent l'administration d'une quantité d'antibiotique plus faible. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte, en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps. Ainsi une diminution du volume des ventes ne traduit pas forcément une diminution de l'utilisation.
Quels sont les principales évolutions observées ?
- Volumes de ventes En 2009, le volume total des ventes d'antibiotiques s'élève à 1067 tonnes, il s'agit du tonnage le plus faible enregistré depuis le début du suivi. Comparé à 1999, les ventes d'antibiotiques ont diminué de près de 20%, cette diminution est principalement due à deux familles d'antibiotiques les tétracyclines, et les sulfamides. Comparé aux données recueillies en 2008, les ventes d'antibiotiques ont diminué de 13%.
- Exposition des animaux aux antibiotiques Entre 1999 et 2009, le niveau d'exposition des animaux aux antibiotiques pour les voies d'administration orale et parentérale, toutes familles confondues, a augmenté de 12,6%. Il a légèrement diminué entre 2008 et 2009 (-3,9%).
Y a-t-il des évolutions justifiant la mise en œuvre de mesures particulières ?
Les céphalosporines de 3ème et 4ème génération et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent l'alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l'homme. Selon les recommandations européennes, ces antibiotiques doivent ainsi être réservés au traitement curatif en deuxième intention. La diminution globale du volume des ventes d'antibiotiques observée s'explique par une augmentation de l'utilisation de ces molécules plus récentes et plus actives.
Ainsi, comparé à 1999, les ventes de fluoroquinolones ont augmenté de près de 50% et celle des céphalosporines ont quasiment doublé. De même depuis le début du suivi des ventes d'antibiotiques, le niveau d'exposition des animaux aux fluoroquinolones a quasiment été multiplié par deux et l'exposition aux céphalosporines a quant à elle presque triplé.
Bien qu'il semble qu'entre 2008 et 2009, la vente et l'exposition des animaux aux fluoroquinolones ne varient pas et diminuent pour les céphalosporines, la forte augmentation de leur utilisation depuis 1999 est préoccupante et l'évolution observée ces deux dernières années doit encore être confirmée. Le comité national pour l'usage raisonné des antibiotiques en médecine vétérinaire devra se préoccuper de ce problème en priorité.
Quelle est la situation de la France par rapport aux autres pays européens ?
A l'heure actuelle, il existe peu de pays européens disposant d'un suivi des ventes d'antibiotiques. Neuf pays disposent d'un système plus ou moins développé. En outre, les résultats sont difficilement comparables car le recueil des informations n'est pas suffisamment harmonisé. La mise en place d'une coordination du suivi des ventes d'antibiotiques au niveau européen s'avère nécessaire et vient d'être confiée à l'EMEA (Agence européenne du médicament). La France participe activement à ce processus et a organisé un séminaire en septembre 2010 à ce sujet. Les résultats d'un projet pilote portant sur une analyse rétrospective et harmonisée des données pour les années 2005 à 2009 devraient être publiés au cours du premier trimestre 2011.
Quelle que soit la situation en France par rapport aux autres pays européens, des efforts doivent être entrepris pour rationaliser et réduire autant que possible l'utilisation des antibiotiques. Cette utilisation doit être réservée aux cas où elle s'avère indispensable pour la santé et le bien être animal.
Avril 2011
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Suivi des ventes d'antibiotiques
L'Agence a mis en place, depuis 1999, un suivi annuel des ventes d'antibiotiques vétérinaires. Basé sur la ligne directrice de l'OIE "surveillance des quantités d'antibiotiques utilisés en élevage", ce suivi a été réalisé en collaboration avec le Syndicat de l'Industrie du Médicament Vétérinaire et réactif (SIMV) et le soutien du ministère de l'agriculture.
Pourquoi suivre les ventes d'antibiotiques ?
Les informations recueillies sont un des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l'antibiorésistance, mais aussi pour proposer des mesures de gestion de ce risque et pour suivre l'évolution des pratiques afin d'évaluer leur efficacité.
Comment est réalisé ce suivi?
Ce suivi des ventes d'antibiotiques est basé sur une déclaration annuelle des ventes d'antibiotiques par les laboratoires qui les commercialisent. Ces données peuvent être croisées avec d'autre sources d'informations (déclaration des chiffres d'affaire, enquêtes de prescription,…). Les informations recueillies auprès des laboratoires couvrent 100% des médicaments autorisés. L'utilisation hors AMM de spécialités humaines ou de préparations extemporanées dans le cadre des dispositions de la cascade (article L. 5143-4 du Code de la Santé Publique) n'est pas prise en compte. Cette année, pour la première fois, les laboratoires ont déclaré la répartition pour la majorité des médicaments par espèces de destination. Pour certaines espèces, il a été possible de confirmer ces déclarations par des enquêtes sur la prescription vétérinaire et l'utilisation en élevage.
Comment doit-on interpréter ces résultats ?
Les volumes de vente d'antibiotiques ne traduisent pas précisément leur utilisation. En effet, les antibiotiques récents sont plus actifs et nécessitent l'administration d'une quantité d'antibiotique plus faible. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte, en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps. Ainsi une diminution du volume des ventes ne traduit pas forcément une diminution de l'utilisation.
Quels sont les principales évolutions observées ?
-Volumes de ventes En 2009, le volume total des ventes d'antibiotiques s'élève à 1067 tonnes, il s'agit du tonnage le plus faible enregistré depuis le début du suivi. Comparé à 1999, les ventes d'antibiotiques ont diminué de près de 20%, cette diminution est principalement due à deux familles d'antibiotiques les tétracyclines, et les sulfamides. Comparé aux données recueillies en 2008, les ventes d'antibiotiques ont diminué de 13%.
-Exposition des animaux aux antibiotiques Entre 1999 et 2009, le niveau d'exposition des animaux aux antibiotiques pour les voies d'administration orale et parentérale, toutes familles confondues, a augmenté de 12,6%. Il a légèrement diminué entre 2008 et 2009 (-3,9%).
Y a-t-il des évolutions justifiant la mise en œuvre de mesures particulières ?
Les céphalosporines de 3ème et 4ème génération et les fluoroquinolones sont considérées comme particulièrement importantes en médecine humaine car elles constituent l'alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l'homme. Selon les recommandations européennes, ces antibiotiques doivent ainsi être réservés au traitement curatif en deuxième intention. La diminution globale du volume des ventes d'antibiotiques observée s'explique par une augmentation de l'utilisation de ces molécules plus récentes et plus actives.
Ainsi, comparé à 1999, les ventes de fluoroquinolones ont augmenté de près de 50% et celle des céphalosporines ont quasiment doublé. De même depuis le début du suivi des ventes d'antibiotiques, le niveau d'exposition des animaux aux fluoroquinolones a quasiment été multiplié par deux et l'exposition aux céphalosporines a quant à elle presque triplé.
Bien qu'il semble qu'entre 2008 et 2009, la vente et l'exposition des animaux aux fluoroquinolones ne varient pas et diminuent pour les céphalosporines, la forte augmentation de leur utilisation depuis 1999 est préoccupante et l'évolution observée ces deux dernières années doit encore être confirmée. Le comité national pour l'usage raisonné des antibiotiques en médecine vétérinaire devra se préoccuper de ce problème en priorité.
Quelle est la situation de la France par rapport aux autres pays européens ?
A l'heure actuelle, il existe peu de pays européens disposant d'un suivi des ventes d'antibiotiques. Neuf pays disposent d'un système plus ou moins développé. En outre, les résultats sont difficilement comparables car le recueil des informations n'est pas suffisamment harmonisé. La mise en place d'une coordination du suivi des ventes d'antibiotiques au niveau européen s'avère nécessaire et vient d'être confiée à l'EMEA (Agence européenne du médicament). La France participe activement à ce processus et a organisé un séminaire en septembre 2010 à ce sujet. Les résultats d'un projet pilote portant sur une analyse rétrospective et harmonisée des données pour les années 2005 à 2009 devraient être publiés au cours du premier trimestre 2011.
Quelle que soit la situation en France par rapport aux autres pays européens, des efforts doivent être entrepris pour rationaliser et réduire autant que possible l'utilisation des antibiotiques. Cette utilisation doit être réservée aux cas où elle s'avère indispensable pour la santé et le bien être animal.