Eau du robinet


L'eau du robinet, ou eau de distribution publique, a pour origine des eaux de surface et des eaux souterraines. Elle est traitée afin de respecter une soixantaine de paramètres microbiologiques, physico-chimiques et radiologiques, fixés par la réglementation européenne. Ce traitement est adapté à la qualité de la ressource et vise à éliminer les éventuels micro-organismes (bactéries, virus, parasites), polluants chimiques (pesticides, nitrates…) et les excès de sels minéraux (fluor, calcium…).

En France, 67 % de l'eau du robinet, ou eau de distribution publique, provient de captages souterrains et 33 % des eaux de surface (rivières, canaux, lacs, retenues) - soit près de 30 000 captages au total. Compte tenu de leur qualité, vérifiée lors des contrôles, certaines eaux souterraines peuvent parfois être distribuées sans traitement. En revanche, les eaux de surface sont toujours traitées dans des usines de production d'eau potable.

L'eau du robinet couvre différents usages : alimentaires, hygiène corporelle, entretien domestique, lavage du linge. Aussi, elle doit respecter des exigences de qualité réglementaires fixées par arrêté ministériel pour une soixantaine de paramètres de façon à pouvoir être bue pendant une vie entière sans effet néfaste pour la santé. Les traitements de l'eau visent donc à éliminer les éventuels micro-organismes pathogènes et les substances indésirables (polluants chimiques et excès de sels minéraux). Ils sont également destinés à maintenir la qualité microbiologique et physico-chimique de l'eau dans les réseaux de distribution jusqu'au robinet du consommateur.

La qualité de l'eau fait l'objet d'une surveillance réalisée par les producteurs et les distributeurs d'eau et d'un contrôle sanitaire permanent de la part des Agences régionales de santé (plus de 310 000 prélèvements en 2006(1)).

Les dispositions réglementaires précisant les conditions de mise sur le marché et d'emploi des produits et procédés de traitement de l'eau et des matériaux au contact de l'eau permettent également d'assurer la sécurité sanitaire de l'eau.

En amont, l'obligation de protéger les ressources en eau utilisées pour la production d'eau destinée à la consommation humaine concourt également à cet objectif. Des périmètres de protection sont ainsi mis en place autour des captages. Plus de la moitié bénéficie d'une protection avec déclaration d'utilité publique. Dans la continuité du premier Plan national santé-environnement, le deuxième plan d'action 2009-2013 (PNSE 2) prévoit de protéger de manière efficace la ressource et de poursuivre la mise en place des périmètres de protection en protégeant les aires d'alimentation des 500 captages les plus menacés d'ici à 2012.

Le rôle de l'Anses

L'Agence évalue les risques sanitaires liés à la présence de micro-organismes ou de contaminants chimiques dans les ressources en eau et l'eau destinée à la consommation humaine (EDCH), Elle évalue également l'innocuité et l'efficacité des procédés et produits de traitement et l'innocuité sanitaire des matériaux entrant en contact avec l'eau de distribution publique. Elle rend, par exemple, des avis sur produits et procédés de traitement innovant tels que les systèmes de filtration destinés aux usines de potabilisation, sur les produits de nettoyage des châteaux d'eau et des réservoirs d'eau, ou sur les désinfectants.

Elle contribue à l'élaboration de la réglementation, de normes et de lignes directrices, au niveau national et communautaire. Dans le cadre de la révision de la directive 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, l'Agence a ainsi été consultée à trois reprises par la direction générale de la santé afin de se prononcer sur des propositions de révision de paramètres de qualité de l'eau et sur les programmes de contrôle sanitaire. Par ailleurs, pour chaque substance réglementée, l'Agence analyse la réalité des situations de dépassement observées sur plusieurs années, les sources de contamination des eaux envisageables, les possibilités de traitement des eaux, les autres voies d'exposition de l'Homme et l'ensemble des données toxicologiques et épidémiologiques disponibles permettant de caractériser le danger et,
in fine, le risque pour le consommateur. Elle peut ainsi fournir un outil de gestion du risque aux services de l'Etat pour les dépassements des exigences réglementaires observés dans l'eau destinée à la consommation humaine, dans le cadre dérogatoire réglementaire.



(1) L'eau potable en France 2005-2006 (2008)
Sur le site du Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative



Avril 2011
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