Actualité
Depuis une cinquantaine d'année, un déclin croissant des populations d'insectes pollinisateurs a été observé dans de nombreux pays industrialisés. Depuis le milieu des années 80 la situation apicole mondiale est marquée par une importante mortalité d'abeilles. Ce phénomène constitue une préoccupation majeure pour les professionnels de l'apiculture, mais également pour le monde agricole et les pouvoirs publics. En effet, plus de 80% des espèces végétales sont tributaires de nombreuses espèces d'insectes pollinisateurs et en particulier des abeilles qui contribuent à leur survie et à leur évolution. Les causes de ce phénomène ne sont pas totalement élucidées et sont sujettes à controverse. Ce qui a conduit à la réalisation de nombreuses études sur le sujet. Historiquement, ces troubles étaient majoritairement attribués aux agents pathogènes biologiques de l'abeille, plus récemment, la présence d'éléments chimiques dans l'environnement, provoquant potentiellement l'intoxication des abeilles, a été incriminée.

Un rapport pour faire le point

Dans ce contexte, l'Afssa s'est auto-saisie afin d'apporter des réponses aux apiculteurs français sur la mortalité des colonies d'abeilles, d'en déterminer les causes et les facteurs de risque associés.
Basé sur une analyse critique des données scientifiques et des travaux de recherche disponibles au niveau national et international,
le rapport « Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d'abeilles » recense les causes pouvant être associées à une mortalité. Plus d'une quarantaine ont pu être identifiées ce qui souligne la grande diversité des agents pouvant jouer un rôle néfaste sur les colonies.
Partant de cet inventaire, l'Afssa a étudié la situation sanitaire des filières apicoles européenne et française. Elle a examiné les données épidémiologiques collectées en France et a tenté d'identifier les facteurs de risque majeurs intervenant dans la mortalité actuelle des colonies d'abeilles.
Cette étape a souligné le
rôle des agents biologiques et en particulier de l'agent de la varroase dans les troubles constatés. Les agents chimiques et en particulier les produits phytopharmaceutiques constituent également une cause de mortalité. Toutefois, le rôle exact d'une exposition chronique des colonies à ces produits n'a pu être déterminé et il n'a pas été possible de confirmer ou d'écarter l'hypothèse selon laquelle cette exposition pourrait jouer un rôle direct ou indirect dans la mortalité des abeilles.
Ce travail a également fait apparaître la
nécessité d'améliorer l'organisation de la collecte et l'analyse des données épidémiologiques recueillies.
En parallèle, l'Agence a analysé le fonctionnement de la filière apicole française et l'organisation du suivi et de la gestion sanitaire apicole. Cet état des lieux a permis à l'Agence d'émettre une série de recommandations organisées autour de cinq axes.

Des recommandations pour mieux connaître l'état de la filière

En matière de suivi sanitaire, l'Afssa a notamment proposé la mise en place d'un réseau d'épidémiosurveillance des maladies des abeilles fonctionnant de manière continue et dont la gestion serait confiée à une autorité unique, indépendante et fiable.
De manière à améliorer
l'organisation de la filière, l'Agence a en particulier souligné l'importance de créer un institut technique apicole regroupant une interprofession du miel. Cette structure permettrait la mise en place de plans d'actions de prévention et la création de nouveaux outils destinés aux exploitants apicoles. Elle favoriserait également le dialogue entre différents acteurs et notamment entre apiculteurs et agriculteurs ainsi qu'entre industriels pharmaceutiques et apiculteurs.
Concernant la
réglementation de la filière, l'Agence a recommandé la remise en vigueur de la déclaration annuelle du nombre de ruches par les exploitants apicoles dans un but strictement sanitaire et la mise en oeuvre de mesures coercitives en cas de non respect de la réglementation.
Afin
de favoriser la pollinisation, l'Agence a émis une série de suggestions afin de permettre l'accès continu des pollinisateurs à des ressources mellifères et pollinifères et ainsi d'éviter l'alternance de périodes d'abondance et de carence.
Des besoins en terme de
recherche appliquée ont finalement été identifiés afin d'améliorer la lutte contre les agents pathogènes biologiques et chimiques de l'abeille domestique, d'accroître les connaissances en zootechnie apicole et de mieux comprendre les causes multifactorielles des troubles constatés.

Pour en savoir plus


>Rapport "Mortalités, effondrements et affaiblissement des colonies d'abeilles" (pdf)
Abeilles : un rapport pour identifier les causes de mortalité
18 février 2009
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