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Dans la perspective du remplacement du bio-essai souris par des méthodes chimiques dans la réglementation européenne, l'Afssa s'est dotée des moyens nécessaires pour assurer, dès janvier 2010, la détection, l'identification et la quantification de l'ensemble des toxines lipophiles réglementées dans les coquillages selon des méthodes rigoureuses et validées.
Par ailleurs, elle participe activement à la mise en oeuvre d'un dispositif de vigilance, proposée dans son avis du 4 décembre, qui permettra d'anticiper les conséquences de toxicités atypiques qui ne seraient pas objectivées par la surveillance réglementaire.
Des discussions sont en cours au niveau communautaire depuis plusieurs mois pour remplacer le bio-essai souris, actuelle méthode de référence pour la surveillance de la qualité sanitaire des coquillages, par des tests chimiques permettant la détection directe des 13 biotoxines marines lipophiles règlementées dans les coquillages.
Depuis plusieurs années, le laboratoire d'études et de recherches sur la qualité des aliments et sur les procédés agroalimentaires de l'Afssa, désigné comme laboratoire national de référence (LNR) pour le contrôle des biotoxines marines, travaille en étroite relation avec le réseau européen de laboratoires de référence à la mise au point d'une méthode chimique pour l'analyse des toxines lipophiles en tant qu'alternative au bio-essai sur souris. Le travail réalisé par le LNR a permis une validation de la méthode à l'été 2009. Un exercice d'intercomparaison a été organisé, au cours du deuxième semestre 2009, entre le LNR et l'Ifremer afin de vérifier la comparabilité de leurs résultats. Grâce au soutien du ministère chargé de l'Alimentation, l'Agence s'est dotée des moyens matériels et humains nécessaires pour être en mesure de réaliser dès à présent par cette méthode chimique les analyses officielles des coquillages au stade de la mise sur le marché, dans le cadre de l'évolution prévue de la réglementation.
Des recommandations pour renforcer la sécurité des consommateurs
L'avantage des méthodes chimiques est d'être beaucoup plus spécifique des toxines lipophiles règlementées que le bio-essai souris, et de donner des résultats quantitatifs, avec un niveau d'incertitude maîtrisé. Par contre, ces méthodes conduisent à rechercher une liste prédéterminée de substances chimiques et ne permettent donc pas de détecter d'éventuelles toxines émergentes ou de nouveaux analogues des toxines connues.
Dans ce contexte, l'Afssa, dans son avis du 4 décembre 2009, a recommandé qu'en cas de basculement du dispositif de surveillance sur la méthode chimique, un dispositif complémentaire de vigilance soit mis en place pour être en capacité de détecter le plus en amont possible l'émergence éventuelle d'autres sources de toxicité pour l'homme, au-delà des 13 toxines aujourd'hui réglementées.
L'Agence recommande la mise en place de ce dispositif de vigilance basé sur le maintien du bio-essai souris selon une fréquence différente du système de surveillance. L'objectif sera d'alimenter une cellule de vigilance qui pourra proposer selon la situation, et, en particulier, en cas de résultat positif du bio essai souris non expliqué par l'analyse chimique, des investigations complémentaires, des mesures d'alerte, et/ou des mesures de gestion.
L'Agence précise que ce dispositif devrait être complété au plus tôt pour intégrer les risques liés aux phycotoxines produites par différentes espèces du genre Ostreopsis présentes sur le littoral méditerranéen.
Ce couplage entre dispositifs de surveillance et de vigilance permettra ainsi de profiter de la complémentarité des tests chimiques, très spécifiques et précis au regard des toxines connues, avec le bio-essai souris, peu spécifique mais donnant une vision plus globale des éventuelles sources de toxicité, pour préserver un haut niveau d'exigences pour la protection des consommateurs.
Enfin, les travaux de recherche engagés, notamment dans le cadre du programme de recherche Arcachon, se poursuivront pour accroître notre niveau de connaissance et de compréhension des différents facteurs pouvant intervenir sur la qualité sanitaire des coquillages, et sur l'origine des périodes de toxicité atypique connues ces dernières années.
Pour en savoir plus
> L'avis du 4 décembre 2009
> Notre dossier
Nouvelles modalités de surveillance des biotoxines marines lipophiles
11 janvier 2010
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