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Actualité


16 juillet 2010
Utilisation de l´éthanol dans les procédés de travail : l'Anses n'a pas mis en évidence de risque sanitaire à long terme

L'Anses (qui reprend depuis le 1er juillet les missions de l'Afssa et de l'Afsset) publie aujourd'hui les résultats d'une expertise collective sur les risques pour la santé des travailleurs exposés à l'éthanol par voies cutanée et respiratoire.

En dehors des boissons alcoolisées, l'éthanol est présent dans de nombreux produits professionnels (peintures, vernis et encres, produits hydro-alcooliques, agrocarburants).
Plus de 650 000 professionnels seraient potentiellement exposés à l'éthanol, par contact cutané et/ou par inhalation.

Les effets cancérogènes et sur la reproduction de l'éthanol, associés à la consommation de boissons alcoolisées, sont bien connus. L'éthanol contenu dans les boissons alcoolisées est ainsi classé comme cancérogène certain (catégorie 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Contrairement à l'ingestion, l'inhalation ne conduit pas à l'augmentation significative de la concentration d'éthanol dans le sang, responsable de la plupart des effets toxiques chroniques décrits.

Les concentrations atmosphériques d'éthanol sur les lieux de travail restent généralement très en deçà (6 à 20 fois) de la valeur limite d'exposition professionnelle française sur 8 heures (1900 mg.m-3 actuellement en vigueur et considérée comme ne provoquant pas d'effets chroniques). Toutefois, des dépassements peuvent être observés à certains postes de travail, notamment dans le secteur des distillations industrielles et de la vinification. Les concentrations d'éthanol dans le sang (éthanolémie) résultant de l'inhalation d'éthanol dans un cadre professionnel sont généralement très inférieures (50 à 250 fois) au seuil fixé par le code de la route (0,5 g.L-1).

Les résultats des travaux d'expertise n'ont pas permis de mettre en évidence de risque chronique pour la santé spécifiquement lié à une exposition professionnelle par inhalation ou par contact cutané. En effet, les valeurs d'éthanolémie estimées pour les situations professionnelles les plus exposantes ne sont pas discernables de l'éthanolémie naturellement présente dans l'organisme en dehors de toute absorption d'éthanol (éthanolémie endogène).

Des symptômes d'ébriété, liés à des expositions professionnelles aigues à de fortes concentrations de vapeur d'éthanol, ne peuvent pas être écartés.

 

Au vu de ces travaux, l'Anses recommande :

 de renforcer l'application des mesures de prévention, sur la base de la réglementation de la prévention des risques chimiques applicable à l'éthanol ;

 

 d'actualiser la classification des dangers de l'éthanol selon les procédures en vigueur ;

 

 de réexaminer les valeurs limites d'exposition professionnelle de l'éthanol au regard des connaissances scientifiques acquises depuis 1982 en visant à mieux protéger d'éventuels effets toxiques aigus (irritation des muqueuses oculaires et respiratoires, céphalées, sensations de fatigue, de vertiges, etc.) qui constituent également des facteurs potentiels d'accident sur les lieux de travail.

 

 de promouvoir des études scientifiques, en particulier sur les mécanismes conduisant à la présence d'éthanolémie endogène, afin d'éclairer l'évaluation des risques de l'éthanol.

 

 d'améliorer la connaissance des expositions professionnelles à l'éthanol, en développant notamment les campagnes de mesures individuelles auprès des producteurs d´éthanol brut et dans le secteur de la vinification ;


Enfin l'Anses souligne l'intérêt de mesures spécifiques, déjà mises en œuvre dans certaines entreprises, telles que l'information des travailleurs sur les dangers de l'éthanol et la possibilité offerte aux femmes enceintes de changer temporairement d'affectation.

Cette expertise a été réalisée à la demande des ministères chargés de l'écologie, du travail et de la santé.

 

 En savoir plus :

 

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 Télécharger le rapport intégral (9,2 Mo)

 


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