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Risques sanitaires liés à l'exposition aux fumées émises par les spirales anti-moustiques

Parmi les moyens de protection individuelle disponibles contre les moustiques, les spirales anti-moustiques sont régulièrement utilisées par le grand public dans certains départements français concernés par une forte présence de moustiques. Or certains articles scientifiques suggèrent des risques sanitaires liés à l'utilisation de ces produits dont le procédé de combustion est très émissif. Ainsi, le Haut conseil de la santé publique recommande aux voyageurs de n'utiliser les spirales qu'à « l'extérieur ou bien dans une pièce aérée ». En revanche, l'Organisation mondiale de la santé indique que les spirales anti-moustiques peuvent être utilisées dans les chambres à coucher pendant la nuit. Cette hétérogénéité des recommandations au sein des instances de santé publique se traduit par une hétérogénéité des recommandations sur les étiquetages des spirales anti-moustiques constatée par la Direction de la santé et du développement social (DSDS) de Guyane en 2007 : certains fabricants, préconisent une utilisation uniquement en extérieur alors que d'autres indiquent une utilisation possible en intérieur.

 

L'utilisation des spirales anti-moustiques relève de la directive 98/8/CE, dite « Biocides ». Elles seront donc à terme, soumises à une autorisation de mise sur le marché et sont actuellement en vente libre. Toutefois, les risques sanitaires rapportés dans la littérature scientifique imposent de mieux encadrer dès à présent l'utilisation de ces produits. Il s'agit donc, dans le cadre de cette saisine, de conduire une analyse exploratoire des risques liés à l'utilisation de spirales anti-moustiques. Cette évaluation ne préjuge pas de la méthode qui sera suivie dans le cadre de l'évaluation réglementaire ni de son issue.

 

 

L'Afsset a été saisie le 4 août 2008 par la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère chargé de l'environnement et la Direction générale de la santé (DGS) du ministère chargé de la santé afin de réaliser une évaluation simplifiée des risques sanitaires liés à l'utilisation de spirales anti-moustiques dans le but de disposer d'éléments nécessaires à l'élaboration de recommandations ou de contre-indications d'utilisation de ces produits, notamment en milieu confiné. Cette saisine s'articule autour de deux sous-questions :
1. une caractérisation de la composition chimique des fumées ou vapeurs se dégageant lors de la combustion des spirales anti-moustiques ;
2. une évaluation des risques sanitaires simplifiée liés à ces émissions.

 

 Méthode de travail

 

La caractérisation des fumées émises par une spirale anti-moustiques lors de sa combustion s'est appuyée sur une recherche bibliographique des données de composition et d'émissions de différentes spirales afin de sélectionner les polluants à rechercher lors d'une campagne de mesures en chambre d'essai d'émissions. La campagne de mesures a permis de recueillir à la fois des informations qualitatives sur l'identité des substances émises ainsi que des données quantitatives exprimées en concentrations et taux d'émission.

 

Dans le cadre de cette analyse exploratoire, une évaluation des risques sanitaires a été conduite en se basant sur la méthode standard du NRC (1983), mais en adoptant délibérément des approches simplificatrices. L'évaluation des risques a ainsi été réalisée pour chacun des composés pour lesquels il existe à la fois une Valeur toxicologique de référence (VTR) élaborée par des organismes internationalement reconnus (US-EPA, ATSDR, RIVM, Santé Canada, OEHHA et OMS) et un taux d'émission issu de la campagne de mesures en chambre d'essai d'émissions.

 

Cette expertise a ainsi permis de caractériser les polluants émis lors de la combustion d'une spirale anti-moustiques, et confirmer qu'elle exposait l'utilisateur à un grand nombre de substances constituant ainsi un mélange complexe de polluants.

 

L'expertise a également permis de mettre en évidence que des effets irritants des voies respiratoires pouvaient survenir. Quant au développement de cancers du poumon et du nasopharynx, les éléments sont encore insuffisants pour conclure à une causalité, ni même à une association.

Malgré ces risques sanitaires identifiés, l'Agence rappelle que les spirales anti-moustiques permettent de se protéger contre les moustiques, parfois vecteurs de maladies graves comme le paludisme, la dengue ou le chikungunya. Ainsi, l'Agence recommande pour ces produits aujourd'hui librement mis sur le marché, en attendant leur évaluation réglementaire en vue de l'octroi d'autorisation de mise sur le marché :
 de limiter le recours aux spirales à une utilisation en extérieur et dans les zones à risque de transmission de maladies par les moustiques,
 de préférer d'autres moyens de protection en intérieur, comme les moustiquaires imprégnées d'insecticide.

 

* Au 1er juillet 2010 l'Afssa et l'Afsset ont fusionné pour créer l'Anses, agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

 

 En savoir plus

 

 Télécharger l'avis de l'agence (0,5 Mo)  

 

 Télécharger le rapport de l'agence (2 Mo) 

 

 Télécharger la couverture du rapport (2,6 Mo)  

 

 Télécharger la synthèse du CES (0,1 Mo) 

 

 

 

Focus
29/06/2011
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